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Le comptoir ou le trottoir

 
Mc Leod Ganj

vue sur la vallée

Mc Leod Ganj est de ses endroits qui se mérite, mais révèle, au premier regard l’étendue de ses charmes. IL se mérite parce que la route qui y mène est si abrupte que les rickshaws en sont totalement proscrits, laissant la manne aux taxis qui eux même donne l’impression de peiner lors de l’ascension et des slaloms pour éviter les ornières, qui vous mènent en territoire tibétain, ou presque.  

La ville qui accueille, la résidence du 14éme Dalaï-Lama ainsi que le gouvernement tibétain en exil est entièrement dévouée au bouddhisme et à la cause tibétaine, à telle point que l’hindi et même les indiens représentent une portion plus que congrue dans cette parenthèse en exile. Maître, au mieux de quelques commerces, leurs rôles est souvent moins glorieux et se résument à des travaux de fortunes, à quémander que vous acceptiez de leur laisser vous cirer vos chaussures par exemple, lorsqu’ils ne vivent pas du subside, de ce que l’exhibition de leurs corps malmenés par la lèpre ou les morsures du froid, peut bien leur rapporter. La majorité de la population, elle, se répartit en trois groupes distincts et facilement reconnaissables. Les locaux, tibétains, les occidentaux ou assimilés japonais et coréens, venant en nombre se recueillir dans ce lieu de villégiature qui en cette période de l’année ressemble à un petit bonheur perché en haut d’une montagne et enfin, les moines, les nonnes bouddhistes dont le pourpre et le safran de la robe, au-delà de leurs origines les distinguent clairement du reste de la population.

rue mc leod ganj

Organisé autour de deux artères principales qui encadrent un Chonen et ses moulins à prière, Mc Leod Ganj a des allures de villages. L’une descend vers l’essentiel des guest houses alors que l’autre vous emmène droit au temple comme si les deux mondes, ne devaient se rencontrer. Et pourtant, la douce schizophrénie et l’apprentissage de la compassion et des préceptes de Bouddha, semblent faire excellent ménage, à les voir tous ses occidentaux dans la vingtaine qui se sont pressé durant la semaine ou je suis resté avec autant de ferveur sur le chilom et la bière qu’aux enseignements donner par le Dalaï-lama et d’autres moines, tôt le matin. Tous avides d’apercevoir la rock-star, (la seule fois où j’ai vu le Dalaï-lama c’était entre Springsteen et Radiohead à un concert donné en faveur d’amnesty international), autant qu’en quête de compassion, dont leur attitude sur la défensive et pleine de rires distanciés vis-à-vis des mendiants par exemple, montre qu’ils en étaient dénués, ou tout du moins que leurs évidentes lacunes en ce domaine étaient le signe de failles dans leur carapace qu’ils n’étaient visiblement pas prêt à abandonner de sitôt. Les enseignements, du côté de la jeunesse occidentale, prenant vite des airs de colonie de vacances, ponctuée comme il se doit par tout un tas de photos de groupe et des promesses de se revoir et de s’écrire.

rue mc leod ganj

Il serait toutefois malhonnête de réduire Mc leod Ganj à cet épiphénomène qui n’est, si ça se trouve, que le fruit du hasard ou tout au moins du à l’attraction que représentait les enseignements.

Le petit côté village où très vite tout le monde se connait ou tout au moins se reconnait tout comme les montagnes environnantes, où il fait bon se promener pour les plus paresseux et commencer un trek plus ou moins long pour les aficionados de la marche, fait qu’il est extrêmement facile de se laisser séduire, au point d’y rester un petit moment juste histoire de goûter la qualité de la vie qu’offre cette enclave tibétaine libéré du joug Chinois. Les locaux conscient du pouvoir de séduction de leur nid douillet, use donc au maximum de cet argument pour vous inviter à rester bien au-delà que la journée qui suffirait amplement à la « visite » de Mc Leod-Ganj. Des cours en tout genre, cuisine, musique, tibétain, Hindi, yoga, massage ayurvédique, pouvant facilement occuper le temps que vous ne passez à papoter sur un coin de rue ou dans l’un des nombreux cafés qui jalonne la ville. Une certaine forme de repli linguistique, en ses endroits, s’organisant presque naturellement autour d’un thé ou d’une part de gâteau. Les francophones ont ainsi le plaisir de parler « la France » au french café, tandis que les coréens lui préfèrent le Korean café et ses excellents petits plats, servis comme là-bas avec la soupe et les Kimchi, les japonais, eux se regroupant dans un autres lieu dont on m’a parlé mais trop tard pour que je m’y rende. La rue et quelques enclaves vite connues de tous, servent toutefois de lieu d’échange ou dans un english plus ou moins broken il est possible d’embrasser le monde et donner un petit goût de nation unies et amies à ses rencontres informelles. Le mirage, certes ne vous suit jusque dans le désert participe à aérer la bulle d’air frais qu’est Mc Leod Ganj, surtout lorsqu’on vient des plaines arides et surchauffée du Rajasthan où le moindre bonjour à valeur, ou presque d’entrée en matière pour vous refourguer tout et n’importe quoi à un prix touriste.

Mc Leod Ganj est par conséquent un endroit à méditer, peut être, à goûter, surement.

moines tibetains