Welcome in India

Quelques heures de vol via Helsinki et me voilà sur le tarmac de l’aéroport de Delhi. Il est minuit et pas de sas de décompression, la douce chaleur humide attend, là, tranquille à la sortie de la bulle climatisée qui m’a amené jusqu’ici.
Une passerelle, un bus, la douane, passeport, merci, récupérer les bagages rien de plus normal, la routine de tout voyageur quelque soit l’endroit du monde où il atterrit. L’aventure, elle, ne commence, qu’ensuite, dés la sortie de l’aéroport et l’arrêt au guichet du prepaid Taxi. 310 roupies pour se rendre Paharganj, l’endroit où se trouve mon hôtel. Les premiers signes ne sont, alors, pas long à venir, je suis définitivement bien en Inde et nulle part ailleurs que je connaisse. Un petit tour de passe-passe du guichetier au prepaid taxi et mon billet de 500 Rs prend, ni vu ni connu, la forme d’un billet de 100. Bienvenu en Inde.

Ma contribution, pour naïveté, payée, me voilà littéralement happé et conduit vers un taxi. Méfiance, non ce sera bien celui là. Je m’installe à bord et commence à discuter avec le chauffeur et surtout avec son copilote, qui m’a auparavant dirigé vers le précieux carrosse. On se sert la main, on échange nos prénoms, puis vient l’heure d’entamer bon enfant les tractations. Je vais à main bazaar, ce à quoi on me répond, certes mais où exactement la rue est, selon les dires de l’animateur en chef, longue de plus de 200 kilomètres, Dans mon souvenir le quartier bien connu des taxis comme des touristes tient dans un carré de 3 kilomètres de côté, mais bon, discutons. Je suis maintenant au fait, je suis en Inde et donc prêt au palabre. Je réplique donc, que l’hôtel, dans lequel je compte descendre est à 200 mètres à peine de la gare ferroviaire de New Delhi. Ces précisions données n’entament pas pour autant le bagou du copilote, qui m’assure mordicus, un flot permanent d’information destinée à m’embrouiller, se dévidant de sa bouche. Malheureusement pour lui ce n’est pas mon premier voyage en Inde, pas la première fois que je mets les pieds à Paharganj et ma chambre, pour prévenir justement ce type de tergiversation, est réservée. Fin du chapitre le copilote profite d’un feu rouge, pour monter dans un autre taxi et entreprendre d’autres touristes. Mon chauffeur, lui poursuit sa route. Connaugh place se profile à droite puis à gauche, ses arcades, je reconnais l’endroit et ne suis plus très loin de mon but. Vient ensuite la gare sus nommée et sur la gauche main Bazaar. J’y suis, reste à trouver le Star Paradise.

L’hôtel est dans une ruelle perpendiculaire à la rue principale, mais rien de bien grave, on demande une fois et me voilà enfin arrivé. Je remercie mon chauffeur et m’engage en direction de la ruelle le chauffeur me précède, me désignant l’entrée de l’hôtel que je découvre en même temps que lui. Nous entrons et avant qu’il est ait le temps de placer son boniment et d’assurer sa commission je lui coupe l’herbe sous le pied en informant le réceptionniste que j’ai réservé une chambre via internet puis lui sort, ma botte secrète, la copie du mail de confirmation que l’hôtel m’a envoyé. Le chauffeur qui ne l’entend pas de cette oreille s’explique, tout de même, âprement avec les gens du lieu, puis finit par repartir bredouille.
Vient, alors, à mon tour de discuter, pour obtenir la chambre dont nous avions convenu et ce au prix lui aussi convenu de 300 Rs. Ce à quoi je me vois rétorqué par le réceptionniste, qu’il n’a, dit il, qu’une chambre avec air conditionné, qu’il compte me facturer forcément plus cher. Je tiens bon et finit par avoir raison. J’aurais la chambre en question au prix indiqué sur le mail et ce avant un changement pour une autre chambre qui n’aura finalement pas lieu, puisque c’est de cette même chambre que j’écris actuellement.

Pahargang en cette véritable première journée me tend les bras, contrairement a la veille où seules quelques vaches allongées en plein milieu du centre névralgique de main bazaar m’avaient servi de comité d’accueil. Le quartier là explose de vie. Rabatteurs en tout genre et souvent multicarte vous invitent à regarder les cascades de voilages et autres produits de consommation plus ou moins courante avec l’œil d’Ali Baba à l’ouverture de la caverne. Tourisme, tissus, souvenirs ou bien encore chichon, ils vous interpellent d’agréable façon, prennent le temps de quelques propices instants pour, avec le sourire, faire votre connaissance et vous proposez leur service. Ce à quoi il est de bon ton de répondre, là aussi, avec le sourire que vous n’êtes pas intéressé par ce qu’ils vous vendent. Quelques mètres à peine et un autre beau parleur vous accompagne pour quelques mots échangés lors de votre progression au milieu de la foule, des cyclo-pousses ou bien encore des rickshaws. La rue, est à l’image du chaos ambiant qui l’anime. Point d’ornières, mais un combat qui semble tourner à l’avantage de la terre, le bitume face à la maestria tout en dénivelé de cette mère sans vergogne, s’efface par endroit, et avec lui emporte un peu de la folie des grandeurs qui perfuse en haut débit l’Inde d’en haut, celle d’une classe moyenne qui s’enrichit, ou bien encore celle pour qui la propreté des circuits intégrés, semble parfois servir de mètre étalon d’une croissance dopée à tout sauf au paan.
La cour des miracles, qu’est main bazaar, a toutefois, bien que par endroit délabré, face à elle un horizon,certes, plombé par les connections électriques, mais qui rayonne avec allégresse, tant son souffle de vie est évident. Un petit garçon encore au biberon des activités licites et autres de l’endroit, exhibe timidement sa moustache fraîchement dessiné sous son nez et bat la mesure pour une petite fille qui plus jeune encore improvise un numéro de cirque destiné à m’attendrir, ses contorsions me précédant de peu dans ce cheminement qui n’a de but que naviguer à vue. Là encore je passe mon chemin et continue à goûter mon errance, qu’un vieux sikh, diseur de bonne aventure, veut éclairer de ses lumières sur l’état de mon aura, d’après ses dires, riche, très riche, mais confuse de manière à lui donner un sens. Ce à quoi je lui répond avec le sourire que j’ai six mois, pour trouver, si ce n’est déjà fait ma propre voie. Je laisse mon gourou, son turban et sa barbe, non sans l’avoir auparavant remercié. Ce qu’il a lu en moi il le garde et d’un coup de tuk-tuk, je m’envole pour Cannough Place avec dans l’idée d’aller au cinéma.

Malheureusement, la séance se fera sans moi car j’ai dans mon sac à dos, la quasi intégralité de ce qui est rigoureusement prohibé dans l’enceinte du cinéma, à savoir un ordinateur portable, un appareil photo et que sais je encore. Faute de voir Shahrukh Khan entrainer une équipe féminine de Hockey sur gazon, je profite, du joli petit parc, ilot de verdure et le lieu de rencontre pour la jeunesse dorée de Delhi, qui au cœur des multiples cercles qui constituent la place peut être la plus célèbre de la capitale indienne, offre un agréable poumon naturel qu’encercle la ronde incessantes des rickshaws et des voitures.

De retour, dans ma chambre, je termine mon récit, un best off de coffee with karan* en fond sonore et pour me distraire. J’ai fait entre temps une pause, un petit chicken butter massala qui sans valoir, celui manger à Allahabad lors de mon précédent périple signe de belle manière mon arrivée en Inde.

Coffee with Karan : Animé, par karan johar, l’un des réalisateurs les plus influant sur la planète Bollywood, Coffee with Karan est un talk show plutôt sympathique sur le plateau duquel se succède le gratin du cinéma Indien, Shahrukh Khan en tête.
|