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Tout comme Jaisalmer, Jodhpur invite à une élévation presque automatique du regard. Le fort qui surplombe la ville bleue et la couronne telle une tiare qui, là, posée illumine de ses joyaux l’ensemble du visage en contrebas jusqu’à ne faire qu’un avec lui. Le bijou bien en place à le regarder avec un peu plus d’attention ne peut plus alors s’imaginer sans la vie qui, en soutient, donne une âme à la parure dont les ornementations autant que la beauté subjuguent. Votre regard lorsqu’il daigne alors se baisser découvre l’étendue du faciès qui joue avec les nuances de bleu pour se distinguer et tirer son épingle d’un jeu dans lequel le maquillage à son rôle. Le bal qui sur l’ensemble du Rajasthan, entre Jaisalmer et Jaipur se déroule appelant une certaine frivolité pour parachever, telle une signature, la personnalité de la ville. Le fard s’il est évident, ne masque rien, mais au contraire souligne toute la richesse de ce visage camaïeu dans lequel il fait bon se perdre jusqu’à ce que l’émotion vous gagne.

La vieille ville labyrinthique appelle, en effet, lors de sa découverte, une certaine dose d’amour pour révéler, là une courbe ou un détail qui font la différence et vous embarque de l’autre côté du miroir, en ce lieu intime qui fait basculer votre aptitude à ne plus pouvoir juger Jodhpur comme l’énième ville indienne mais à goûter sa singularité.

De dimension humaine elle donne en effet, une fois l’agitation du marché de la tour de l’Horloge passé, l’occasion d’un voyage dans une Inde populaire qui se souci assez peu de la manne touristique, pour lui préférer une certaine tranquillité qui heureuse, se contente, jusque dans les rapports commerciaux, de la proximité. A mille lieux semble-t-il de la haie d’honneur aux intentions mercantiles dont l’uniforme fini vite par lasser, l’éther aux mille nuances de bleu qui vous accompagne lors de votre progression dans les ruelles, mise sur sa simplicité pour vous embarquer et si elle le peut vous perdre. Des nuées d’enfants, plaisants lutins, et véritables bulles d’air dont l’énergie vous suffoque autant qu’elle vous élève se charge par moment de vous remettre sur le chemin qu’ils croient droit. Mais au prochain croisement, toujours un choix, il vous faudra faire. La multitude des petits commerces qui jalonnent votre douce divagation sur des métiers vétustes, semblent avec attention revenir, leur application vous donnant l’occasion de découvrir l’agilité de toutes ces petites mains comme de l’utilité de leur ouvrage qu’à l’étroit dans leur petite boutique, il réalise. L’orfèvrerie, la confiserie et la réparation d’un deux roues sans se rencontrer, éclairent ainsi tour à tour cette déambulation au milieu de ce ciel de ciné de partout rapiécer, dont les raccords parfois aventuriers loin de choquer sont des étendards qui invitent à la relativité. De la nuance comme du contraste nait durant cette balade le beau que la vie tour à tour cubiste ou pointilliste rehausse de touches plus ou moins volontaire, ça se sent, mais toujours personnelles. De la proposition de se perdre que vous fait Jodhpur, nait, alors et si vous l’acceptez une grande partie du plaisir qui s’en dégage.

L’infime, l’intime parce qu’il est ici royalement couronné et qu’il n’a donc pas à craindre le ridicule, s’exprime avec liberté et sans avoir besoin de trop en faire. Sa respiration même minime suffit, dans ces conditions à vous soulever. Le souffle qui animait ainsi la guesthouse au nom tout trouvé d’Heaven parce que placé sous les radieux auspices de Nisha et de sa famille, fut, au diapason du sentiment d’aisance que l’on éprouve à se perdre un moment dans les rues de la vieille ville, un bonheur de chaque instant. La question de l’argent vite tranchée, toute son énergie, ainsi délestée des palabres usuels, s’applique alors à faire de vous un membre à part entière de sa famille qu’elle entoure de son amour et de sa générosité. Les quelques jours passé en sa compagnie sans atteindre le paradis de son enseigne, mais qui le souhaite lorsqu’il est ainsi choyé furent un délice partagé au quotidien avec tous les membres de la famille jusqu’à être invité par la benjamine des enfants à son goûté d’anniversaire et ainsi trôner au milieu des copines puis de la famille réunie pour l’occasion. Les autres jours moins festifs mais tout aussi plaisant donnèrent l’occasion d’un véritable partage tant avec les membres de la famille qu’avec les deux petits népalais qui les servaient et nous servaient, par conséquent, nous aussi. Le restaurant sur le toit fut, plus qu’un repère, un oasis, qui donna ainsi l’occasion de se délecter d’une excellente cuisine végétarienne, mais aussi de faire de nombreuses parties de carom lors desquels il était possible de discuter, de partager. Le fort habillé de lumières pour la nuit dominait nos jeux avec bienveillances, lui qui, depuis ses hauteurs et stable sur sa base ne se souciait par contre que peu des feux d’artifices qui aux quatre coins de la ville retentissaient pour célébrer les multiples mariages de saisons qu’accueillait la ville en ces jours précédant de peu Diwali et ses illuminations. En ces heures tardives, les ruelles alors paisibles et tout à leur repos se trouvaient parfois être le terrain de parades nuptiales lors desquels les futurs époux sur des chevaux blancs suivaient les fanfaronnades cuivrées des musiciens qui festifs ouvraient le passage aux cortèges que quelques porteurs illuminaient charriant sur leur tête des néons. Puis la nuit reprenait ses droits et laissaient les époux et leur barnum exhiber à d’autre la réalité colorées de leur union.

Les processions prénuptiales depuis longtemps effacée et l’effervescence des ruelles à nouveau frénétique, l’ascension vers la citadelle si elle se fait à pied, prend un petit air joyeux de chemin de croix et vous rappelle avant même d’y être entré que la visite du Meherangarh se mérite. La citadelle véritable joyaux fortifié fier sur son piédestal vous ouvre, après vous avoir vu tiré la langue, ses portes et encore une fois impose sa hauteur alors que vous progressez d’une porte à l’autre. Les balcons qui en surplomb de votre progression témoigne si ce n’est d’une certaine frivolité, au moins d’un goût évident pour l’apparat et le beau, ne sont, vous ne serez pas long à le comprendre, qu’un avant gout bien maigre des merveilles qui, plus loin, vous attendent. La grâce de la bâtisse, peu à peu de et alors que vous progressez et montez dans les étages se révèle. La sobriété des murs de gré rouge, entre autres contraste alors avec le kitch absolu de certaines pièces qui débordent de couleurs. Des vitres teintées, notamment vous invitent gommer, le caractère, à ce point, massif de l’endroit, qu’il en était imprenable, pour vous plonger dans l’apparat de court fastueuse que l’on imagine sans mal plus proche des milles et une nuit, que des sièges interminables qui on marqué de leur sceau, l’histoire de cette citadelle, véritable joyau depuis les hauteurs du quel on peut contempler toute la complexité et la beauté de la ville bleu qui en contrebas vie. La merveille, pour un temps, ne se trouve alors, plus être la tiare, bien que sublime, mais bien les milles nuances de bleu où s’ébat la vie, qui trop occupée par ses affaires, ne se soucie guère de ces regards qui la scrutent et avec raison, l’admirent.

D’un point de vue ou d’un autre, qu’on lève la tête ou au contraire que depuis les hauteurs on la baisse, Jodhpur, à un charme fou, que juste un minimum d’attention suffit à sentir, avant que celui-ci au départ discret ne finisse de vous enchanter.

Heaven Guest house
Manak Chowk Road (behind Mehta Market)
Tel +91-291-2639283
Mobile 98280-57380 ou 98285-49285
Email nishajijain@yahoo.com
Demandez Nisha Jain
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