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Jaisalmer ou le subtile mirage de grè doré

jaisalmer

Avant d’arrivée à Jaisalmer, cité sable, dernier rempart avant le désert de Thar le chemin qui y mène est d’une agréable tranquillité. Quittant Bîkaner la petite sœur et concurrente, aux aurores pour, en compagnie, d’Indya prendre notre train, nous avons le droit à un petit tour, un changement et une transaction entre deux rickshaws avant d’arriver à la gare où nous déposons nos lourds bagages.

marche jaisalmer

Pas encore très réveillé nous décidons alors d’attendre gentiment notre train sur le quai qu’on nous a indiqué être le notre.  La gare est encore endormie et n’offre que le spectacle de quelques indiens qui trouve plus judicieux de descendre sur les voies et de les traverser avec femmes, bagages et enfants plutôt que d’emprunter la passerelle qui ne semble avoir un intérêt que pour les touristes dans notre genre. Pas un marchand à l’horizon mais un petit bonhomme qui vient nous trouver et nous demande si notre destination est bien, Jaisalmer. Lui répondant par l’affirmative, il nous invite alors à détourner un instant le regard du quai sur lequel nous restons fixés pour nous intéresser au train qui dans notre dos est en gare et nous attend.

jaisalmer

Le wagon couchette dans lequel nous prenons places est quasi vide et le reste tout le long des quelques heures que dure notre voyage au milieu des étendues désertiques qui séparent les deux villes Râjasthânis. Les villages par moment posés le long du trajet, seuls ponctuation au milieu de cette uniformité de paysage, distraient un moment nos regards puis vite s’effacent avec la même discrétion qu’ils sont apparus pour une nouvelle fois nous rendre au désert à ses buissons et autres broussailles et surtout à son imposante chaleur. Le chahut du train et son évolution même si elle est lente heureusement génèrent quelques vents opportun qui nous préservent de cette implacable présence qui attendra notre destination finale pour nous cueillir et imposer sa loi qu’elle entend bien nous voir respecter. Bien que ‘’ touristes ’’ et donc par moment suffisamment farfelus pour la braver nous devons, là, nous incliner et admettre l’étendu de son pouvoir. Les quelques jours passé à Jaisalmer sont, sans conteste, les jours les plus chauds connu depuis mon arrivée en Inde.

rue jaisalmer

Chaud à tel point que la police touristique est là pour tempérer les ardeurs et freiner autant que possible la corruption qu’entraine le système des commissions et le lot de rabatteur qu’elle suppose, comme elle l’a prouvé à notre descente du train avec l’arrestation d’un sympathique jeune homme qui nous avait entrepris dans le train et comptait bien transformer l’essai en nous emmenant visiter ‘’son’’ hôtel. Pour lui, au mieux, un petit tour par le commissariat et pour nous un rickshaw qui a ordre de nous conduire directement dans l’hôtel que nous souhaitons. Le chauffeur au fait de ce qui vient de se passer prend donc garde et attend avant de laisser monter un autre de ces représentants zélés, qui lui aussi d’un abord agréable nous a vendu sa soupe, qui d’alléchante à l’écouter s’est en définitive révélée, confrontée à la réalité de notre jugement impropre à nous satisfaire, malgré son insistance et des prix défiant toute concurrence. Nous en remettant alors au jugement tiré de l’évangile selon Lonely Planet nous partons à la recherche d’un nouveau lieu susceptible de nous satisfaire mais nos pas, arrêtés en chemin par le patron de la peacock guest house, achèvent leur route après les tractations d’usage. L’endroit plutôt calme, s’il offre des chambres correctes a surtout pour lui un cuisto népalais qui ravi nos sens autant par la qualité de sa cuisine que par sa bonne humeur et cerise sur le gâteau, l’hôtel a une vue imprenable sur la forteresse depuis son toit où Mittu nous mitonne ses plats relevés à la convenance de chacun.

Notre paquetage alors posé nos premiers pas dans Jaisalmer commence toutefois par une infidélité à ce marmiton venu des contreforts de l’Himalaya. La ville que nous découvrons tout juste, nous entraine dans un dédale de rues loin de l’agitation de la principale artère commerçante qui rebute tant de gens et donne à la cité dont le blond des murs n’est pas long à nous enchanter une aura d’agressivité qui pour tout dire nous dépasse, tant les échos assassins glanés  avant même notre arrivée sont loin de se que nous découvrons. La police touristique, au courant de notre arrivée est elle la responsable de cette apparente tranquillité qu’assaisonne ça et là juste un ‘’ Eh my friend, come, have a look !’’, ou d’autre phrase type de ce genre qui font de toute façon parti de la petite musique locale que tout occidental, quelque soit l’endroit où il se trouve en Inde entend à longueur de temps.

entree temple jain

Une rue, puis une autre, nous descendons dans le dédale et nous éloignons à mesure que nous avançons de la douce agitation de la rue qui mène à la forteresse. Une bande de petit vieux tape le carton à l’ombre d’un arbre et nous, nous montons dans les étages d’une maison pour arriver au toit et au restaurant qui s’y trouve. Là à l’abri du soleil qui définitivement ne retient pas ses coups nous partageons avec délectation une merveille de poulet tandoori qui rompt le long tunnel végétarien qui m’a tenu éloigné de toute viande depuis Mc leod Ganj. Ce régime carne qu’accompagne juste un lit de crudité et un naan, est donc pour moi une renaissance, qui me réjouit et est loin de déplaire à ma comparse. Nous savourons l’instant autant que ce met puis au gré des rues qui se présentent à nous, continuons notre approche de cette magnifique cité avant de regagner notre lieu de villégiature pour assister depuis son toit au divin spectacle qui nous cueille dès que nous arrivons sur le promontoire. La forteresse en principe discrète dans ses habits sables, nous accueille pour l’occasion parée de lumières qui souligne, loin de l’obscurité qui désormais la ceint, sa magnificence. L’aura dorée qu’elle porte en cette instant avec majesté, laisse à penser que son ancien lustre, n’est pas si loin et qu’encore aujourd’hui ainsi vêtue elle reste d’une rare beauté. Le spectacle est magnifique et pour accompagner notre diner il vaut, en cet instant, toutes les télés du monde.

jaisalmer

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