Rajasthan

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Bikaner à dos de chameau

desert de thar

Le lendemain les aurores nous sortent du lit, la couche un rien dure, n’invitant pas à la grasse matinée. La tête sortit de mon tipi auquel il manque juste l’écusson Queshua j’aperçois alors Joy et Indya qui chacune dans leur coin contemple les restes du levé de soleil. Il fait un rien frisquet, mais ce n’est que très passager, la chaleur à peine une heure plus tard nous imposant le seul port du T-shirt, puis de manches longues pour nous protéger de ses morsures. La toilette est sommaire et se fait avec une eau qui m’apparaît sur le moment fort salée, bien que considérée par les autochtones et donc nos chameliers comme parfaitement potable.  L’excès de sodium maintenant, à bien y réfléchir provient peut-être aussi en partie des résidus de la transpiration ou de l’air de la veille. Le peu de vent qu’il y avait par moment ayant, c’est possible, déposé sur nos visages une fine poudre aux vertus asséchantes. Notre maquillage de la veille parti, on l’espère, après le succinct débarbouillage, nous nous installons au fur et à mesure autour de la table où sera servit le petit déjeuner. Chacun tel un électron pas si libre que ça, s’éloignant, pour se laver les dents ou un rouleau de papier toilette à la main faire ses commissions à l’abri des regards, si ce n’est ceux bienveillants, à conditions de ne pas trop approcher, des buissons. Puis toujours revenir s’assoir et profiter du soutient de la table de camping. Notre collation du matin avalée, tout est alors plié puis vient l’heure de regagner nos montures et recommencer le manège de la veille pour atteindre les cieux mouvants où nous seront bercé durant deux heures. Notre ballade du jour, une fois les dunes contournées nous amènent alors à traverser les cultures. Nos chameliers la main légère courant parfois vers les champs pour y piocher quelques productions locales, s’en repaitre et accessoirement nous faire partager les fruits de leurs pioches. 

Notre trajet du jour nous amène à passer plusieurs clôtures et nous donne un panorama de la manière dont l’homme trouve à se satisfaire du désert, pour y vivre et dans une certaine mesure l’exploiter. Nous avons ainsi traversé après les cultures, un village, puis nous finissons en fin de journée par croiser des petits bergers qui tranquillement assis veillent sur des moutons et des chèvres qui trouvent à paître au milieu de ces étendues de sables.

L’arrivée sur notre lieu de couchage, qui se fait plus tard que la veille, nous permet tout juste de saluer dans sa chute le soleil. Plus aguerris, c’est à notre tour de le dominer un peu, mais le sieur, mauvais joueur, nous plonge dans le noir. Il nous faut alors regagner la table qui nous attend et nous attire, son champ d’activité, une fois sur pied regagnant tout son pouvoir. Les bières que nous partageons ne sont plus très fraîches, la pénurie guette. Demain est notre troisième et dernier jours.

Un dernier petit tour de manège puis nous regagnons en fin de journée nos pénates pour une bonne douche et des vêtements propres. D’un commun accord nous pensons que ces trois jours deux nuits étaient le bon timing pour prendre le temps de goûter un peu de ce désert, même s’il ne nous a pas permit de nous avancer très profondément dans le désert. L’autre option qui pourrait être amusante est de faire l’intégralité du parcourt entre Bikaner et Jaisalmer à dos de chameaux. Pour une première expérience, c’est toutefois une réussite qui vous en met plein les mirettes, la petite troupe que nous étions, sa bonne entente, ayant permis d’apprécier, même si la démarche est forcément touristique, une certaine forme de simplicité, bienvenue.

deshnok

Pour le reste Bikaner est une petite ville, aux charmes extrêmement discrets. Un petit bazar, quelques Haveli dans la vieille ville dont l’extérieur témoigne encore de leur glorieux passé. Un temple Jain paraît-il très joli, un cinéma plutôt joli lui aussi, mais qui vous accueille dans une pénombre qui donne au lieu une atmosphère étrange et aux alentours le très couru karni Mata temple qui à une trentaine de kilomètre de Bikaner dans le petit village de Deshnok est usuellement connu sous le nom de rats temple. L’entrée dans le temple est alors l’occasion de se confronter à ses peurs et une bonne façon de mesurer son sang froid, lorsque le premier rongeur vient à passer devant vous. Les centaines de rongeurs qui à l’intérieur du temple se goinfre de lait, d’autres offrandes et plus généralement vivent leur vie, vous donnent ce premier coup au cœur passé, l’impression d’endosser le chapeau et le fouet d’Indiana Jones, même si le nombre des petits rats visibles le jour où nous y sommes aller était quelques peu troublé par l’affluence des fidèles venus en nombres rendre hommages aux hôtes des lieux en ce jour de festival, ( comprendre 9 jours de commémoration religieuse pour rendre hommage à tous ces rongeurs sacrés). Deux pensées vous trottines alors dans la tête tandis que vous avancez à l’intérieur du temple, la première est de ne pas être l’heureux élu sur le pied duquel ces charmantes petites bestioles peuvent passer, l’autre à l’inverse vous invitent à ne pas écraser un de ces dieux, de quelques centimètres de long seulement, pour ne pas avoir à souffrir de la colère des fidèles quelques peu nombreux en ce jour béni. Les petits morceaux de sucre qui parsèment le sol et vous heurtent en permanence les pieds n’apparaissent, dans ces conditions que comme un stimulant qui vous tient éloigné de l’idée de marcher sur quoique ce soit d’autre, compte tenu de l’endroit où vous trouvez et des deux mantras qui font la girouette dans votre cerveau. Le retour à une réalité toute païenne laisse, une fois l’épreuve accomplie, l’occasion de constater l’ambiance de kermesse qui entoure le lieu sacré. Les stands de tirs, les confiseries et autres boutiques de gadgets rivalisant tous pour attirer votre regard encore empreint de l’attention que vous avez porté à vos pieds durant La petite demi heure passé au milieu des rats.

bikaner

Le Lendemain Joy et Jean pierre nous quitteront, puis je continuerais mon périple en compagnie d’Indya pour rejoindre Jaisalmer dans un train qui longe le désert et nous offre l’heureuse surprise d’être quasi-vide, nous offrant un peu de calme et du repos que l’horaire extrême matinale du train nous à obligé à interrompre.

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