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sur Punjab et le Sikhisme

Chandigarh

Le Sikhisme

 
Amritsar, dont l'or rutile encore et pour longtemps dans nos regards

golden temple

La queue dans un relatif calme, patientant offrandes à la main. Les vagues successives qui accèdent au temple créant sur son chemin un léger mouvement de ressac. Quelques rares poussées lors des minimes avancées vers les écrits que renferme l’écrin tout d’or vêtu. Les effluves de beurre, de ghee des plats que les fidèles ont l’intention de déposer en guise d’offrande, enflant, jusqu’à une certaine forme d’écœurement, qui semble ne déranger que ma petite personne à mesure que les fidèles rejoignent la file d’attente, particulièrement importante en ce jour anniversaire du gourou fondateur d’Amritsar. Affluence qui finira par venir à bout de notre attente. La bonne demi heure passé dans la queue nous ayant à peine permit une progression de cinq mètres. Nous nous contenterons donc, mes comparses et moi des salles qui à la périphérie abritent chants et prières dans des alcôves dont le ciselage et la minutie du travail ne peut amener qu’à baisser la garde devant l’évidente beauté, dont chaque éléments semblent être un engrenage destiné à imposer la révérence, même des plus impies dont sans aucun doute possible je suis.

La nécessité de déjeuner commençant à se faire sentir nous quittons l’édifice pour n’y revenir qu’à la tombée de la nuit, pour l’illumination du lieu qui nous réserve, mais nous ne le savons pas encore une expérience humaine, pour ne pas dire mystique, que nous ne sommes pas prêt d’oublier.

Mais avant de revenir sur cet épisode d’une rare intensité, la suite de la journée définitivement riche en beaux moments se poursuit, mon récit autant que possible s’attachant à en rendre la chronologie. Je l’expurgerais toutefois de quelques événements sans grande importance, mais digne un autre jour d’un petit texte dans la section trivial India sur les agissements de mes collègues occidentaux. Mais passons, comme j’élude volontairement le musée, pour y revenir, toutefois, très vite.

golden temple amritsar

Nous déjeunons, puis le groupe se scinde. Resté avec Belinda, nos pas nous dirigent vers le Jallianwala Bagh un petit parc à proximité du Golden Temple, alors que l’autre partie du groupe ira assister au spectacle qui se donne chaque jour à la frontière Pakistano-Indienne. L’espace verdoyant qui nous accueille s’il n’en montre que peu la couleur, ne serait ce que de manière symbolique, affiche toutefois clairement dans les mots qui le présente la couleur du sang sur lequel repose la pelouse où viennent s’asseoir par groupe et pour un peu de farniente des dizaines d’Indien tout comme Belinda et moi, nous le faisons, profitant d’un peu d’ombre pour nous lancer dans une conversation aussi plaisante qu’elle est informelle. L’un des thèmes, parmi d’autre aborder, concerne le lieu où nous nous trouvons et plus particulièrement, la présence d’un mur qui à cinq mètres de l’endroit où nous sommes assis expose dans de jolis petits cadres, des impacts de balles, preuves des exécutions commises en ce lieu désormais de mémoire. Le soin morbide avec lequel ces encadrements s’exhibent, nous rappellent alors, à elle comme à moi, l’étrange impression que nous à laisser la visite du sikhs museum qui se trouve dans l’enceinte du Golden Temple. Dans les deux cas, la même volonté délibérée et presque obscène, c’est du moins l’impression que ça me laisse, d’afficher ses blessures, ses martyrs et au-delà de la question des martyrs, une amer impression, à la vue du parc et du museum, que quelques mètres seulement séparent. Comme s’il devait y avoir, pour les sikhs, une fierté du sang versé. L’image la plus éloquente pour étayer mon propos et essayer de vous intéresser au débat, est une galerie de douze portraits photographiques en noir et blanc de sikhs, leur visage tuméfié et marqué par les balles qui ont signées leur mort. En encart, une petite photo les présentant chacun au mieux de leur forme. Tout à l’exception d’une salle consacrée aux sommités du Golden Temple, loin d’intéresser à la particularité de la religion sikh, semble se complaire dans l’exposition d’armes et de têtes coupées dans des représentations de scènes de bataille ou de torture dont le gore au-delà de toute volonté réaliste prédomine. Comme si plus que les préceptes du gourou Namak, les fondations se trouvaient, ici, dans les armes et dans toutes les morts violentes qui ont jalonnées la triste histoire de cette religion. Mais là encore passons car la soirée ne pourra que couper court à ses ressentiments.

 

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