Sholay

Véritable film culte en Inde et pour tous les amateurs de cinéma Bis qui l’on vu, Sholay est un improbable bijou. Un film d’action comme seul les seventies en ont produit. Un western spaghetti made in India, que soutient une musique qui empreinte autant à Ennio Morricone qu’à un funk psychédélique local du bel effet. Les héros portent des costumes en jean cheap avec pantalon patte d’éléphant que le Travolta de la fièvre du samedi soir aurait rêvé d’exhiber sur sa piste de dans. Rajoutez à ce menu déjà sérieusement épicée, un directeur de prison crypto gay qui revendique en version balourde sa parenté avec  le dictateur de Chaplin, l’attaque d’un train qu’on jurerait être orchestrée par des bandits mexicains s’ils n’étaient indiens, ou encore une concurrence déloyale au one arm sword man, chef d’œuvre  de la shaw brothers, dont le clou, dans, sholay, est le combat et la victoire de l’homme sans bras, ses coups de tête, ses coups de pied et surtout sa paires de babouches cloutées, venant à bout de son adversaire. La liste des ingrédients si elle vous paraît déjà chargée ne serait toutefois complète  sans évoquer  ce qui fait la marque de fabrique des productions de bombay à savoir les numéros chantés et deux d’entre eux en particulier mérite  une place de choix aux firmaments de ce type d’exercice. Une chanson finalement presque classique prenant pour cadre la fête de holi et surtout le clou du spectacle, un numéro d’équilibriste sur side-car digne du plus grand chapiteau du monde qu’accomplissent en tandem et avec la plus grande distinction Sanjeev Kumar et mister Big B en personne, Amitabh Bachchan. Voilà pour l’apéritif, car vous n’avez, avec ce que je viens de vous dire qu’une maigre idée du bonheur que donne la vision de ce chef d’œuvre du cinéma populaire.

L’intrigue en deux mots pour ceux que le menu n’aurait pas encore convaincus. Un ancien policier rappelle à lui deux repris de justice, Sanjeev Kumar et Amitabh Bachchan, alias Neerhu et Jai, qu’il a anciennement mit sous les barreaux et à qui il confie le soin de lui ramener vivant, le pire des Bandits, l’odieux personnage qui terrorise la région, Baggar Singh. Jai et Neerhu, bien qu’habitué aux mauvais coups, ne sont toutefois pas des mauvais bougres et si leur moteur, au départ, est l’argent, le village et ses habitants vont vite avoir raison de leur carapace et révéler l’humanité de ces justiciers champions de la gâchette.

Les références, nous l’avons vu, sont nombreuses et fièrement affichées lorsqu’il s’agit d’il était une fois dans l’ouest ou du dictateur de Chaplin, un peu moins pour les autres mais tout de même, impossible à la vision de Sholay de ne pas penser aux Sept mercenaires, à la série des trinita ou bien encore à certain film de la shaw brothers, notamment celui précédemment cité. Le film demeure pour autant unique en son genre, le massala de toutes les influences évoquées, saupoudré des épices locales donne au métrage ce goût si particulier qu’on ne peut qu’aimer, à moins d’être allergique à la curiosité et au mélange des genres. Un grand, grand, moment de cinéma qui, certes, tâche un peu, mais quel bonheur.