Samsara

A la fin du film, il est « dit » en substance, par un prêtre bouddhiste : je ne sais s’il est préférable de goûter 10000 plaisirs où bien d’en rechercher un seul. A savoir l’illumination, le nirvana. Il n’y a de meilleur pitch pour inviter à voir cette merveille de film qu’est Samsara. Tourné entièrement en décor naturelle dans des paysages d’une absolue majesté. Les monts arides du Ladakh imposant leur magnificence à chaque plan ou presque que traverse la caravane bouddhiste dont le pourpre et le safran des vêtements seules véritables touches de couleur, semblent irradier au milieu de ces montagnes d’une froide beauté.
Ils sont une dizaine au moins pour sortir le jeune Tashi de ses plus de trois ans de retraite méditative, avant de lui redonner peu à peu vie. Leur chemin vers leur temple étape par étape nous faisant traverser les décors sus cités. La beauté de chaque plan traversé, impose, alors, un évident respect pour la grandeur de cette nature, qui les domine et dans laquelle il semble pourtant trouver leur place. Accroché à la montagne les temples où ils s‘arrêtent, semblent à chaque fois un défi de l’homme lancer à la nature qui grandiose de beauté n’en est pas moins hostile. La place qu’occupe ces lieux de prière et de recueillement ne semblent, pourtant à aucun moment gagner sur quoique ce soit, mais en communion, humble d’être hôte de tel lieu.
Tashi, élevé dans la hiérarchie bouddhique à la suite de son extrême acte de foi, s’il semble à sa place dans le temple, n’est toutefois pas capable du détachement que lui impose son rôle autant que son ordre. La féminité, même dans son expression la plus « sage », le troublant au point d’en oublier ses devoirs. Hanté et incapable de soutenir l’effort que lui demande le célibat, il regagne alors la vie civile, prend femme, devient père et, investi dans la communauté, laisse ses sentiments le dépasser. Rentré au monastère à l’âge de cinq ans, on lui avait demandé d’atteindre la pureté de Bouddha, or son argument, pour regagner la vie est qu’il faut éprouver les choses pour pouvoir y renoncer.
Méditation, sur le bouddhisme, sur le fait d’être moine et plus généralement sur la vie et le sens qu’on lui donne Samsara éblouie par sa beauté plastique autant que par la pureté de son propos. Sublime de bout en bout, ce film vous invite à un voyage autant physique, qu’intérieur que vous n’êtes pas prêt d’oublier.
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