Baraka

Procédant par association d’idée, Baraka nous offre un voyage sensoriel où se mêle, images volontairement esthétiques et travaillées et musiques d’inspiration traditionnelle et sacrée. Le film d’une grande beauté, dépeint sur l’ensemble de sa longueur, L’homme, son rapport au spirituel, à la religion tout comme la manière dont il investit et considère son environnement. On passe ainsi d’un tatouage à un autre, d’un rite religieux à un autre ou bien encore d’un pays à un autre.


Sans aucun commentaire, le film trouve son sens, dans l’émotion qu’il suscite autant que dans la manière dont ce collage en mouvement, ode à la diversité du monde, des êtres humains et des coutumes rapproche volontairement tel et tel élément et ainsi plaide pour un possible rapprochement ou tout au moins une certaine connivence, qui peut nous servir de tronc commun quelque soit l’endroit du monde où nous nous trouvons.


L’Inde plusieurs fois citée, dans ce tour du monde, tout en image des cultures, bénéficie d’une place de choix au travers d’une longue séquence filmée à Bénarès, lors de laquelle nous sont présentés le Gange, les Ghats et la diversité des activités qui animent les marches menant au fleuve sacré. La crémation et les rites funéraires qui l’entourent sont, bien sûr, au nombre des occupations qui parmi d’autre retiennent l’attention du réalisateur de ce documentaire, peu commun, mais intéressant, car s’il offre des pistes de lecture, l’absence de mots plaqués sur ce qui nous est montré laisse place à la subjectivité du regard, à l’interprétation, mais aussi à de possibles divagations.


Baraka reposant sur des images, dont le parti prix esthétique est de vous porter, même vers les choses les pires, avec un certain raffinement dans le traitement, il vous place le temps de la projection, dans un état de rêve éveillé, propice à vous suggérer au détour d’un plan ou d’un autre une certaine forme de méditation sur ce qui vous est présenté tout comme dans la manière dont les liens se font aussi.  


Supports aux réflexions diverses et variées, Baraka est en définitive une superbe invitation à la découverte de l’autre autant qu’à la reconnaissance de ses différences, comme pouvant être une source d’approche possible de cette réflexion.