Om Shanti Om et Saawariya, le choc des titans

9 novembre 2007, jour de Diwali, les deux plus grosses productions indiennes du moment sont sorties sur les écrans indiens, entrant de fait en concurrence alors que tous les séparent sauf peut être, en sortant ce jour supposé faste et plein des promesses d’une prospérité à venir, l’ambition de rafler la mise en attirant l’attention d’un public qui se comptent par million. A ce petit jeu, Om Shanti Om le dernier film mettant en scène Shah Rukh Khan à dors et déjà gagner. Devançant son adversaire direct de plusieurs longueurs, le film trust encore aujourd’hui les premières places du box office tant en Inde qu’auprès des NRI qui dans leur pays d’adoption on eu la joie de découvrir en même temps que dans leur pays d’origine les nouveaux exploits cinématographiques de King Khan. Le public en misant ses jetons sur le film de Farah Khan plutôt que sur la féérie inspirée que leur proposait Sanjay Leela Bhansali à fait le choix d’une certaine forme de conservatisme et opter pour un pur bollywood movie à la recette éprouvée plutôt que pour une vision du cinéma qui attribue au cinéaste le statue d’auteur et à son film, quelque soit le jugement que l’on porte sur celui-ci le statut d’œuvre d’art.

Dans un cas un feu d’artifice aux couleurs chatoyantes entièrement conçu autour de l’indétrônable star qu’est Shah Rukh Khan dans lequel la comédie et le mélodrame se mélangent pour offrir à son audience ce qu’il attend à savoir un tour de manège de 3 heures que ponctuent quelques numéros musicaux. Le plus spectaculaire d’entre eux rassemblant le tout Bollywood ou presque pour qu’il fasse vœux d’allégeance à son roi, la fiction ne semblant en cet instant qu’un maigre voile, à peine un filtre destiné à coloré la réalité et le rôle charnière que Khan en son centre occupe. Tout à la fois producteur, tête d’affiche et VRP hors-pair, Om Shanti Om ne tient que sur sa seul présence et aux mimiques dont il est depuis maintenant déjà longtemps et jusqu’à la caricature parfois le dépositaire légal. Saawariya à l’opposée, même si on peut y voir Salman Khan et Rani Murkherjee dans des rôles secondaires, reposent sur les épaules de deux quasi inconnus et tient avant tout à la volonté du réalisateur de les inscrire dans un univers visuel d’une rare beauté qu’il maîtrise jusqu’à l’extrême. Chaque plan pour ne pas dire chaque image doit se lire, alors, comme un tableau dont la composition tend vers la perfection que certains critiques diront froide. Adapté d’une nouvelle de Dostoïevski, le film raconte l’histoire d’un triangle d’amour impossible dans un environnement fantasmatique où se mêlent prostituées, vie de bohème et religion pour une fable qui exalte des valeurs de tolérances.

Saawariya à mon goût rempli entièrement ses promesses tant dans ses choix esthétiques tout en anachronismes délicats et collages d’éléments divers et variés qui, associés, donnent au film tout son cachet et en fond une admirable ode qui magnifie l’humanité dans ce qu’elle peu avoir de plus pure. Le bouleversement d’un amour, la cohabitation pacifique des religions ou bien encore l’exaltation lors de la création d’une œuvre quel qu’elle soit. Om Shanti Om  vous l’aurez sans doute compris m’a beaucoup moins emballer. La douce caricature des productions seventies, au-delà de références extrêmement précises, n’est qu’une caricature involontaire du film lui-même et du même coup de toutes les productions qui aujourd’hui encore offre un spectacle qui poseur et vide de sens repose sur des mimiques, des gimmicks et une trame narrative qui tient plus du pitch que de la construction d’un récit. L’esbroufe lorsqu’elle est bien vendue, c’est la morale de l’histoire, valant mieux qu’une œuvre certes par certains côté naïve, mais dont la personnalité transpire à chaque plan.