Chak de! India

 

Dernier Shah rukh khan en date en attendant Om Shanti Om, dont les clips tournent en boucle sur toutes les chaines musicales, se révèle être une vrai bonne surprise. Basé sur l’archétype du film de sport (« succès », descente au enfer, entrainement à la dure, victoire) il dépasse bien largement sa trame de base pour imposer, l’originalité de son point de vue et à travers le destin d’une équipe féminine de hockey, entrainée par le sieur Shah Rukh, affirme la volonté d’une Inde unie. Le film apparaît, presque comme un renvoi d’ascenseur au défi Indien tant le film s’attache à défendre le pan indianisme, clef pour Pavan K Varma, de l’avenir prospère de l’Inde, le plus amusant étant que dans son livre, il affirme que le cinéma est un des facteurs importants de cette unité de L’Inde.

L’histoire en deux mots, Shah Rukh capitaine de l’équipe Indienne de hockey, perd en finale contre le Pakistan à cause d’un penalty raté, il est alors accusé d’avoir été acheté et d’avoir volontairement raté ce but décisif. Mis au ban de la société, il  fuit sa propre maison. Quelques années plus tard, même si ça fait rire au niveau de la fédération de hockey, (des filles, c’est pas sérieux), il est décidé de fonder une équipe féminine de Hockey pour représenter l’Inde dont le personnage joué par SRK sera l’entraineur. Les filles arrivent alors des quatre coins du pays, avec leur langue, toutes ne parlent l’Hindi, leur différence de facies et surtout leur région d’origine en bandoulière. A l’entraîneur de gommer ces dissensions pour en faire une équipe soudée et capable de représenter fièrement la bannière Indienne. Cela, on peut l’imaginer ne va pas aller sans mal, l’entrainement non plus, mais à force de persévérance, les filles et par procuration leur entraîneur, y arrivent.

Si le début du film offre l’occasion, à Shah Rukh khan de montrer l’étendue, quasi caricatural de sa palette de jeu, la moue tremblante, les larmes, le regard de chien battu, son retour en entraineur, non permet de découvrir un jeu plus simple et surtout plus humble qui laisse à ses jeunes partenaires l’occasion, d’exister et par moment de briller. Le scénario, même s’il soigne sa star, à en effet l’intelligence, de ne pas en rajouter et de le maintenir dans son rôle d’entraineur. Arbitre, des égos prononcés de ses jeunes recrues, il reste volontairement en retrait pour que s’exprime pleinement, la personnalité de chacune, sa langue, sa région d’origine ou bien encore son tempérament. La scène de leur arrivée et une baston généralisée dans un Mcdo qui signe le véritable premier acte de cohésion du groupe sont, par exemple, des vrais bonheurs de spectateur dont le roi Khan est absent ou presque, la deuxième scène offrant tout de même quelques plans assez jouissifs lors desquels on le voit, tout d’abord ne pas intervenir au moment où la bagarre éclate, puis ensuite savourer la combativité de « ses filles ».

Contrairement à ce que j’ai pu lire dans filmfare et venant soit disant de la bouche de l’acteur Akshay Kumar, Chak de ! India est loin d’être un « arty » film. S’il n’y a pas de séquences dansées et si le héro, n’est pas présenté au mieux de sa forme il n’en reste pas moins que le film est un vrai bollywood movie. Film de studio, produit par Yash Raj, il distille un message positif, repose sur des chansons (notamment un morceau de J Pop indienne surprenant et bien venu), le scénario impose ses effets comiques entre autres et offre le premier rôle à Shah Rukh Khan en personne. Reste que le film se distingue et en bien du gros de la production de Bombay par un je ne sais quoi qui fait la différence, une certaine sobriété, le fait que la vedette donne la réplique à des inconnues et que le clinquant s’il est présent repose dans la peinture, parfaitement étudiée des personnages plus que dans un décor ou des costumes. Et peu importe, finalement, studio ou pas, le film est une réussite qui au-delà de la pure distraction, se permet d’évoquer sans trop en faire, l’attachement des indiens à leur région, les différences que ça peut susciter et en même temps la nécessité d’une unité de l’Inde pour que le pays à l’instar de l’équipe des filles, fonctionne. Un très bon moment de cinéma donc, qui gagnera sans aucun doute encore en puissance lorsque, muni de sous titres, je pourrais comprendre ce qui dans les dialogues à provoqué ça et là les éclats de rire d’une bonne partie de la salle où je me trouvais.